L’exercice cyber DEFNET s’est tenu du 15 au 26 mars.DEFNET

La 8ème édition de l’exercice interarmées de cyberdéfense DEFNET s’est déroulée sur plusieurs sites militaires à Paris, Rennes, Toulon, Brest et Douai et au sein d’établissements d’enseignement supérieur de Bretagne Grand Ouest et Paris. Cette année, DMAé, SCA, SEA, SGA, SSA ont été insérés dans le dispositif. Deux cent soixante militaires ont été mobilisés ainsi que 8 partenaires industriels : Airbus, Dassault, MBDA, Naval Group, Thales, Nexter, Safran et Ariane Groupe.

 

Les participants ont été amenés à planifier, coordonner et mettre en œuvre des mesures de lutte informatique défensive afin de répondre à des menaces et des attaques cyber simulées. Les objectifs étaient simples : renforcer la coopération entre acteurs militaires et privés, entrainer à la gestion d’une crise complexe la chaîne de commandement de la manière la plus réaliste possible, entrainer les équipes spécialistes, notamment la réserve de cyberdéfense, et valoriser la cyberdéfense à des fins de recrutement.

Ces deux derniers points se sont retrouvés intrinsèquement liés puisque plusieurs réservistes du CRPOC (Centre de la réserve et de la préparation opérationnelle cyber), dont le SLT (R) Tristan, se sont vus confier la tâche d’encadrer les exercices organisés dans 14 écoles d’enseignement supérieur. En effet, les réservistes sont un véritable trait d’union entre les armées et le secteur civil. Ainsi, réservistes et étudiants ont interagi lors d’un Capture The Flag (CTF) organisé par le COMCYBER, à Paris (EPITA, EPITECH, ESGI, ESIEA et Sorbonne Université), et dans le Grand Ouest (ESIEA à Laval, EPITECH, Centrale Supelec, IMT Atlantique et Pôle supérieur de la Salle à Rennes, ENSIBS et IUT de Vannes, IUT de Saint-Malo et IUT de Lannion).

Inclure les étudiants au dispositif permet aux armées de repérer les cyber combattants de demain et aux étudiants de voir ce que le domaine militaire pourrait leur apporter dans sa logique de professionnalisation de l’élément cyber. C’est d’ailleurs ce qui avait poussé le sous-lieutenant Tristan à rejoindre la réserve : « Après avoir participé à des exercices DEFNET j’avais pensé rejoindre l’armée. J’ai trouvé que la création de la réserve de cyberdéfense était le bon pont entre mon expérience civile et mon souhait de rejoindre l’institution. Les armées et le civil se servent mutuellement, chacun apporte à l’autre pour servir l’intérêt du pays ».

L’officier de réserve est intervenu sur l’exercice en tant que préparateur de la synchronisation technique et en tant qu’animateur du volet grandes écoles dans la région Grand Ouest. Son rôle d’animateur s’articulait sur 3 phases :

  • L’animation de l’exercice : donner les consignes
  • L’aide aux participants : veiller à ce qu’ils s’engagent sur les bonnes pistes, leur fournir des éléments qui permettent de rectifier le tir si besoin, le but étant de les faire progresser
  • La reproduction d’un évènement réaliste : simulation d’un État-major. Il fallait veiller à lui faire des comptes rendus synthétiques, en utilisant un langage intelligible pour les non spécialistes par exemple

defnet2Les étudiants ont été plongés dans un contexte réaliste : la cyber attaque d’une PME qui reçoit une demande de rançon. De la catégorisation de la menace à son traitement, en réagissant au différents rebondissements du scénario, les étudiants encadrés par les réservistes ont dû se dépasser et sortir de leur zone de confort. « Ils peuvent avoir tendance à tout miser sur leurs compétences techniques mais l’exercice servait, en plus de les faire progresser sur cet aspect-là, à leur apprendre à être méthodiques afin de trouver le meilleur moyen de contrer les erreurs des attaquants. Tout ne se joue pas sur la technique, il faut pouvoir tenir la cadence car en face les attaquants tiendront. ». Leur sens de l’organisation et du management ont donc aussi été éprouvés.

Cette expérience a eu un écho très positif puisque les écoles organisent rarement des exercices. Les potentiels futurs cyber combattants se sont retrouvés dans une immersion inédite : « L’aspect soft skills [management, organisation…] et l’aspect stress d’un exercice étaient nouveaux pour eux, d’autant plus qu’au fur et à mesure nous augmentions le niveau de difficulté. Nous leur demandions d’être surs d’eux et de maîtriser la pression. L’aspect gestion de crise leur a plu et ils ont apprécié que les armées viennent à eux. »

 

Avec plus de 3 400 cyber combattants, le Ministère des armées se donne les moyens de ses ambitions opérationnelles. Ces experts appuient et soutiennent les opérations menées par les armées sur le territoire national comme en opérations extérieures. Ce domaine d’expertise nécessite une mise à niveau permanente. Les réserves sont donc une ressource dont les armées ont besoin car les compétences nécessaires à la défense cyber sont rares dans ce milieu en perpétuelle mutation.

A l’horizon 2025, le Minarm prévoit un effectif de 4 400 spécialistes cyber.

 

SLT (R) Redondo