Ecusson Poitou couleur 3

Commandant Sylvain, navigateur/ commandant de bord

Le commandant est un ancien ORSA (équivalent à OSC, officier sous contrat) qui a débuté sa carrière dans l’armée de l’Air en 1990. Il commence à l’Escadron de transport Touraine (Orléans), puis est affecté à Evreux et ensuite à la Réunion. En 2009 il rejoint l’ET3/61 Poitou. Son contrat ayant pris fin en 2013, c’est tout naturellement qu’il rejoint la réserve opérationnelle, toujours dans son escadron.

« Pour moi la réserve permet de continuer le travail que j’ai toujours aimé faire. Je peux rester dans l’opérationnel pur, il n’y a que la réserve qui permet cela quand on a fini notre contrat. On reçoit aussi une reconnaissance : j’ai quitté l’active capitaine, et je suis maintenant commandant. Et on est aussi là pour transmettre notre savoir et notre expérience et c’est glorifiant de savoir que la relève sera là le moment venu !  On forme des jeunes qui sortent de Salon de Provence et des moins jeunes qui viennent d’autres escadrons. On trouve tous les âges et toutes les expériences ».

La réserve n’est pas toujours une voie envisagée d’emblée par le
s anciens d’active, mais pour le commandant, aucune hésitation : « La réserve était une évidence : un lieutenant-colonel d’ici a donné un bon exemple de ce que c’était. Ça avait l’air intéressant, la cadence me convenait et ça répondait à un réel besoin de l’institution ».

Ses missions l’ont emmené maintes et maintes fois en opérations extérieures. En 2020, il a passé six mois sur les théâtres d’opérations en tant que J3FW, conduite des opérations aériennes. C’est cependant principalement comme commandant de bord, pour des vols de transport de FRET ou de personnels qu’il a été déployé lors de ses autres OPEX.

Mais alors, qu’est-ce qu’un commandant de bord ? « C’est le chef d’équipage. Il est responsable du bon déroulement et du résultat de la mission. Il y a des aspects de commandement, de pilotage et de retour d’expérience sur la mission. Le commandant de bord répartit les rôles de chacun lors de ces trois phases ». Ce poste, Sylvain l’occupait déjà dans l’active, c’est souvent l’usage dans les unités aux besoins très spécifiques. Il est ainsi heureux de contribuer au bon fonctionnement des missions, de permettre un roulement : « On est là pour soulager les actifs », de prendre part à la formation des nouveaux et de rester dans son univers, un univers qui lui est cher : « Le Poitou c’est les forces spéciales, ça sort de l’ordinaire, on n’est pas "de la régulière" et ça a du piquant ! »

Ecusson Poitou couleur 3
ADC Eric, chef de piste et référent technique

« Un chef de piste met les avions à disposition des équipages », explique l’adjudant-chef. Ce sont aussi eux qui vérifient que toutes les demandes des équipages ont bien été prises en compte et exécutées. L’adjudant-chef Eric remplit aussi le rôle de chef des services techniques lorsque les deux CST d’active sont absents. En effet, le Poitou étant une unité des opérations spéciales, le personnel est souvent projeté en OPEX, il est donc crucial d’avoir recours à des réservistes pour assurer la continuité du travail sur la base aérienne en parallèle. Il est en plus le référent documentaire de l’escadron, ce qui signifie que tous les documents techniques passent par lui, il s’assure de la mise à jour des informations, des procédures et gère les inventaires.

« Je suis entré dans la réserve car je ne me voyais pas tout quitter du jour au lendemain. Au départ je ne voulais pas faire de réserve mais finalement, la fin approchant, je ne voulais plus quitter l’armée de l’Air ! Ce que j’aime au Poitou c’est revoir les gens que je connais et un cadre que je connais ».

Avant la fin, il y avait bien entendu un commencement. L’adjudant-chef a fait ses premiers pas dans l’armée de l’Air en 1986. Il a passé dix ans sur la base de Cambrais sur Mirage F1 et Mirage 2000. Suite à une prospection en 1996, il arrive au Poitou pour ne plus jamais le quitter. D’abord en tant que chef d’équipe en spécialité avionique, puis comme chef du service avionique. Et lorsque l’on est chef du service avionique, l’une des missions est d’être le chef de piste de permanence. La boucle est bouclée !

ltt françois ambérieuSRA: Section et réserve et d’appui

 

Pourquoi la réserve ?

Mon père était militaire dans l’armée de l’air et, il a parmi ses amis des réservistes qui m’ont parlé de la Réserve opérationnelle alors que j’étais encore étudiant. J’avais 19 ans quand j’ai décidé de m’engager et cela fait donc 17 ans que j’ai cette « double vie » !

Dans le civil, je suis développeur web (après un DUT génie des télécommunications et réseaux et un master en informatique) et dans l’armée, je suis fusilier commando.

Comme je ne souhaitais pas particulièrement devenir militaire à temps plein, j’ai trouvé cette possibilité intéressante ! Cela permet de voir autre chose et j’étais attiré par le côté sportif.

 

Votre fonction ?

Après ma Formation Militaire Initiale de Réserviste (FMIR), j’ai été affecté en escadron de protection. Aujourd’hui, je suis adjoint au chef de la section réserve d’appui du Détachement air 278 : je gère cette section qui vient en appui des militaires d’active pour la protection du site militaire d’Ambérieu-en-Bugey et j’organise les formations protection Défense, au profit des réservistes.

J’ai aussi la chance de participer à des exercices comme AIR RAID* ! J’y ai pris part en 2019 sur la base aérienne 942 de Lyon Mont Verdun, et cette année, le 5 et 6 novembre sur la base aérienne 125 d’Istres où nous avons obtenu la 3ème place sur environ 30 équipes participantes ! C’est une superbe expérience et j’y retrouve ce pour quoi je suis rentré dans la Réserve, en particulier la cohésion !

 

Ce qui vous plaît ?

Pour moi la Réserve est une opportunité que les jeunes ne doivent pas hésiter à saisir : cela permet d’apprendre beaucoup et de voir des choses qu’on ne verrait pas dans le civil !

J’y trouve beaucoup d’épanouissement et je suis fier de participer à la Défense de mon pays. Mais ce qui me fait rester, c’est avant tout le fort esprit de camaraderie !

*Organisée par le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) en collaboration avec l’Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air (ANORAA) et l’Association nationale des sous-officiers de réserve de l’armée de l’air (ANSORAA), Air RAID est une compétition ouverte aux militaires d’active, aux FMIR et réservistes mais également aux forces étrangères qui s’affrontent sur une quarantaine d’épreuves durant un raid de 36 heures. De jour comme de nuit, les concurrents doivent faire preuve d’audace, d’agilité, de résistance physique mais surtout de cohésion pour atteindre leurs objectifs.

Inscrit au livre bleu, référentiel des activités du CDAOA, AIR RAID est un exercice d’envergure internationale et fédérateur. Il permet de mettre en exergue le large spectre des compétences des participants, essentiel à la réalisation des missions de l’armée de l’Air et de l’Espace mais également l’appui indispensable apporté par les réservistes à l’activité quotidienne des forces armées.

 

communication DA 278

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CNE Thierry, mécanicien navigant

« Je suis un "bébé Poitou". J’ai fait toute ma carrière dans cet escadron. J’aime son état d’esprit, on met du cœur à l’ouvrage. C’était logique de faire de la réserve. Quand on fait toute sa carrière dans la même unité c’est qu’on aime son métier, donc rester était une évidence ». C’est ainsi que le capitaine, arrivé comme MecNav à l’Escadron de transport en 1993, a choisi de rejoindre la réserve opérationnelle en mars 2015 : « Ça m’a aussi permis de repousser la limite d’âge. Quand on est dans le match on ne pense pas trop à la suite, donc pas à la réserve. Mais quand on voit la limite arriver on se met à y penser ! » s’amuse le capitaine en se remémorant son parcours au sein de l’institution débuté en 1984 à Saintes puis à Toul comme mécanicien avionique sur Jaguar.

En tant que réserviste, ce MecNav travaille aussi comme membre de la cellule recherche et développement (CRD), un bureau spécifique aux unités des forces spéciales dont la mission est de faire de la veille technologique au profit des FS. On observe ce qui se fait dans le civil, on regarde si c’est transposable ou adaptable au monde militaire, on compile les retours d’expérience. C’est valable pour les équipements des hommes, mais aussi pour ceux des aéronefs. Comme tous les personnels de la CRD, le capitaine Thierry mène ces recherches en parallèle de sa mission principale, et il est très fier de contribuer à l’amélioration des matériels : « Quand on développe certains projets et que c’est un succès, on peut les faire passer en équipement pour les troupes conventionnelles ».

Lorsque nous lui demandons pourquoi les réservistes de l’ET3/61 semblent tous être d’anciens militaires d’active, le capitaine répond : « Être au Poitou c’est un engagement particulier, les contraintes font que tous les réservistes ne peuvent pas y travailler car il faut des qualifications particulières », les qualifications propres au niveau d’exigence des forces spéciales qu’un réserviste ab initio (sans passé militaire) ne peut pas fournir.