Tout citoyen volontaire remplissant les conditions pour intégrer la réserve peut devenir réserviste opérationnel en tant que militaire du rang quel que soit son niveau d'études. S’il fait partie des meilleurs, il peut plus tard devenir sous-officier. Après avoir signé son contrat d'engagement à servir dans la réserve, le réserviste effectuera une formation militaire initiale du réserviste nouvelle génération. Il continuera ensuite à se former au sein de sa formation. Si ces chefs constate un potentiel, il pourra devenir sous-officier ou officier de réserve.

1. La formation militaire initiale du réserviste nouvelle génération

La formation militaire initiale du réserviste (FMIR) a pour but de faire acquérir au réserviste les savoir-faire fondamentaux du métier des armes nécessaires pour tenir un premier poste au sein d'une unité d'intervention de réserve (UIR) ou d'une unité spécialisée de réserve (USR), ou éventuellement en complément individuel. Avant 2018, la FMIR s'adressait à tous les volontaires qui avaient souscrit un contrat d'engagement à servir dans la réserve (ESR). Ils recevaient une formation complète d’une durée de 13 jours. L'instruction sur le tir de combat (IST-C) était intégrée au programme de la formation.

Dans le cadre de l'évolution du processus d'engagement des jeunes réservistes, le système de la formation militaire initiale a été modifié. Depuis février 2018 est mise en œuvre la nouvelle formation initiale des réservistes (FMIR NG), partagée en deux périodes distinctes avant et après signature du contrat d'engagement :

  • Le premier module, dénommé « préparation militaire réserve » (PMR), est réalisé avant la signature du contrat, sous statut civil, non soldé, durant une période de 11 jours. Elle est obligatoire pour tout nouveau candidat issu du monde civil. Elle comprend l'essentiel de la formation du jeune réserviste, dont une initiation au tir et la formation de base au combat ;
  • Le second module, dénommé « formation complémentaire du réserviste » (FCR), est réalisé après la signature du contrat, sous statut militaire, soldé. Il dure 2,5 jours. La FCR a pour but d'effectuer les tirs de combat (ISTC) qui ne peuvent être réalisés sous statut civil.

visuel FMIR

La réussite à la PMR et à la FCR conditionne la délivrance du certificat pratique de la réserve (CP-R) PROTERRE qui atteste que le militaire du rang réserviste a suivi l'instruction sur le tir de combat (ISTC), détient la certification tireur ISTC et s'est vu attribuer le certificat de compétences du citoyen de sécurité civile « prévention et secours civiques de niveau l (PSC1) ».

2. Une formation opérationnelle progressive durant tout son engagement à servir dans la réserve

En vue d’un engagement opérationnel, il effectue une formation complémentaire de 11 jours afin de maîtriser les missions communes de l’armée de Terre, le secours au combat de premier niveau, les techniques d’interventions opérationnelles rapprochées, le tir. Il bénéficie également d’une instruction NRBC et d’une instruction sur la cadre juridique global de l’emploi des armées. Cette formation se clôture par un module de mise en condition finale obligatoire.

Le réserviste peut être ensuite engagé sur une mission de sécurité simple de type « protection de site militaire » au bout de huit mois de contrat. Si le réserviste a effectué toutes les formations requises et a déjà été engagé sur une mission de sécurité simple, il pourra participer à une mission Sentinelle au bout d’une année de service dans son emploi.

Un réserviste opérationnel de l'armée de Terre effectue actuellement en moyenne 37 jours de réserve par an. En tant que militaire du rang, il évolue au sein d’un groupe d’une dizaine de soldats réservistes opérationnels commandés par un sous-officier.

La première année, le réserviste passe en moyenne les trois quarts de son temps en formation initiale et en préparation opérationnelle. Il sera engagé sur une opération seulement quelques jours. Sur une année normale, en moyenne, 50% des périodes de réserve des volontaires sont consacrés à des engagements opérationnels. Le reste du temps est consacré à sa préparation opérationnelle.

4. Devenir sous-officier ou officier

Pour devenir sous-officier, deux parcours sont possibles.

Le premier est un parcours progressif qui permet d’évoluer au sein de son unité en montant en grade au regard des responsabilités au sein du groupe et de l’expérience acquise. Par ce biais, il est possible de devenir sous-officier en deux ou trois ans.

Le deuxième parcours est plus direct mais plus sélectif. Il nécessite d’effectuer une préparation militaire supérieure (PMS) de 19 jours à l’issue de laquelle, en cas de sélection, le réserviste signe un nouveau contrat d’engagement dans la réserve et part suivre une formation initiale élémentaire (FIE) de 19 jours à l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) à Saint-Maixent. A l’issue, au grade de sergent, le réserviste rejoint une section ou un peloton, environ 30 soldats au sein de laquelle il commande un groupe d’une dizaine de personnes, au quartier ou en mission. Chaque année, seulement 60 recrues deviennent sous-officier par ce parcours.


S’il fait partie des meilleurs, le réserviste pourra ensuite devenir officier. Pour cela encore deux parcours possibles.

Le premier est progressif. Le réserviste s’engage comme soldat puis en fonction de ses responsabilités et de son expérience, il devient sous-officier puis officier en faisant une formation initiale d’officier de réserve « semi-direct » (FIOR) de 12 jours suivie d’un stage de chef de section de 19 jours qui permettent d’obtenir le grade de sous-lieutenant. Par ce parcours, il est possible de devenir officier entre 3 et 5 ans.

Le deuxième parcours est plus direct mais plus sélectif. Le réserviste débute par une PMS de 19 jours à l’issue de laquelle, en cas de sélection, il signe un nouveau contrat et effectue une FIOR de 21 jours suivie d’un stage chef de section de 19 jours. A l’issue, le réserviste rejoint une compagnie ou un escadron, environ 150 soldats, au sein duquel il commande une section de 3 groupes d’une dizaine de réservistes opérationnels en quartier ou en mission. Chaque année, seulement 30 recrues deviennent officier par ce parcours.

Il est également possible d’opter pour la voie état-major sans préparation militaire supérieure si le volontaire est sélectionné pour effectuer une formation initiale d’officier de réserve Etat-major (FIOR) de 13 jours suivie d’un stage d’instruction aux techniques d’état-major (SITEM) de 12 jours qui permet d’obtenir le grade de sous-lieutenant et de servir ensuite en état-major.